C'est toujours trop.court.
Un peu d'air. Le blanc à perte de vue, les pistes qui défilent. Toutes ses petites choses auquelles on pense sur un téléski, le temps d'arriver en haut. Les souvenirs des ans passés. Tu sais, nos jeux de quand on étaient enfants, allez viens on laisse tomber notre baton sur le téléski et tu le rammasses derrière moi, allez viens tu laches la perche et je te rattrapes derriere qu'on se retrouve à deux, à trois sur une seule perche, allez viens on va au hasard dans la forêt, au risque de se prendre un arbre à toute vitesse, allez viens...Ces jeux qu'on rejoue, parfois, le temps d'un retour au passé. Maintenant ce sont les grandes escapades dans les couloirs et la poudre jusqu'au genoux, maintenant on attaque en snow plutot qu'en ski. Et on se raccompagne, toutes les deux, toutes les trois, une nuit de pleine lune. Il fait trop froid, il fait trop nuit pour rentrer seule, alors tu me raccompagnes, et puis je te racompagne, à n'en plus finir. Le trait de ces montagnes ressort du bleu profond du ciel, tu sais, ses montagnes si familières, qu'on a regardé tous les matins en se levant depuis qu'on est nées ici. Tu sais, cette façon de s'ébahir encore et encore devant elles. Regarder d'en haut le trou de Grenoble, la cuvette pleine de nuages, la cuvette pleine de vomi, mais quand on y retourne on oublie vite ce qu'il y a au dessus de nos tetes .La vie reprend tranquilement avec les gens qu'on aime.